Ça ne risque pas de changer le résultat des urnes ! C'est au tour du tribunal de départager Dominique Cap et André le Gac dans un contentieux de diffamation.
« Traon-Liors » serait sans doute resté pratiquement inconnu, sauf des locaux, s'il n'y avait eu cette affaire qui continue, à en croire les uns et les autres, à pourrir la vie de la commune. « Traon-Liors », c'est un « village », comme l'appellent les Plougastell, un « hameau » pour les autorités, chargés de mettre en place le nouveau Plu en 2006. La nuance est de taille. Car, si dans un village de 40 à 50 maisons, des extensions des terres constructibles sont possibles, elles sont théoriquement interdites dans lesdits hameaux de douze à 15 maisons.
Le feu au conseil
C'est dans ce contexte qu'une bombe a éclaté en plein conseil municipal, le 22 juin 2006. André Le Gac, l'ancien maire, a allumé la mèche, en dénonçant la politique de Dominique Cap en matière d'urbanisme, avant de passer le relais à l'une de ses conseillères d'opposition, Gisèle Le Guennec. Dans la lettre qu'elle a lue aussitôt, le maire se retrouvait accusé de favoritisme et népotisme. En clair, à en croire l'opposition, il aurait usé de son influence pour transformer des parcelles agricoles en terres constructibles. Où cela ? À « Traon-Liors » où ses parents, frères et soeurs possèdent des terres. Une demande d'excuses est restée lettre morte et c'est donc aux juges qu'échoit l'exercice délicat de remettre un semblant d'ordre dans ce qui ressemble fort à un règlement de comptes entre deux opposants de longue date.
Débat ou manoeuvre ?
« La polémique est de tradition dans un débat démocratique », plaident les défenseurs d'André Le Gac et Gisèle Le Guennec, pour justifier les accusations portées. « Elles s'inscrivent dans un contexte de débat politique ». De l'autre côté, on récuse l'argument. « Il ne s'agit pas de paroles prononcées lors d'une campagne électorale mais d'une manoeuvre orchestrée froidement ». Qui a d'ailleurs rédigé le fameux texte ? André Le Gac confirme qu'il était absent et qu'il résulte d'une discussion des huit membres du groupe d'opposition. Mais il en a bien pris connaissance quelques minutes avant le conseil. Comment a-t-il eu vent du changement de destination des terres ? « Par un ami. Mais j'ai eu confirmation en consultant les cartes en mairie ». Pour autant, le maire a-t-il joué sa carte personnelle ? Le débat d'hier n'en a apporté aucune preuve.
Le calvaire continue
Relaxe pour André Le Gac ou l'euro symbolique pour Dominique Cap et ses proches, blessés par ces attaques ? Le tribunal rendra son délibéré le 29 avril. D'ici là, les enquêteurs auront sans doute résolu le mystère du calvaire qui a vu une statue en granit de 70 kg parcourir 250 m pour venir s'écrouler sur un tas de détritus, devant la porte de la mairie.
(paru le 19/03/2008)