Élections municipales : toujours à gauche !
Bégard vote à gauche depuis Mathusalem. Aujourd’hui, Noël Bernard, le maire communiste, a décidé de laisser sa place. Il part serein. Sa succession est assurée. Entre l’union du rose et du rouge, la droite a peu d’espoir de faire basculer une mairie à gauche « depuis toujours ».
Le bureau du maire ? « C’est au fond du couloir. La dernière porte à gauche ». Le décor est campé à l’accueil de la mairie de Bégard. Tout un symbole ! Ici, on vote à gauche de père en fils. Et ça ne date pas d’hier. « Bégard est à gauche depuis 1907 », commente un observateur averti de la politique locale. « Depuis toujours », ajoute Noël Bernard, le maire communiste de Bégard. À 65 ans, il a décidé de passer le relais. Le 2 novembre dernier, ce « vétérinaire de campagne » a pris sa retraite. En mars prochain, prendra-t-il sa retraite politique ? Le maire communiste répond à cette question en bon Normand. Il laisse tomber son écharpe de maire mais il ne met pas, pour autant, sa conscience politique à la maison de retraite. « Je donnerai un coup de main comme je pourrai », se borne à répondre Noël Bernard. L’union de la gauche Il part aujourd’hui tranquille. Sa succession est assurée. Gérard Le Caer, adjoint au maire depuis 1983 et président de la communauté de communes depuis 2001, prend le relais. Il devrait construire sa liste en respectant la tradition maison : l’union de la gauche entre les forces PC et PS. C’est ce leitmotiv qui a marqué la vie politique de Noël Bernard. Élu conseiller général en 1976, il entre au conseil municipal de Bégard en 1977 sur une liste « d’union de la gauche conduite par un maire socialiste ». En 1983, Noël Bernard devient maire. « Depuis 25 ans, c’est l’union du cœur. Cet esprit perdure ». Cette union n’empêche pas l’équipe de Noël Bernard d’avoir une opposition de gauche dans la salle du conseil. C’est un particularisme local. Une opposition de droite plus classique alimente également les débats sous le toit de la mairie. Aux élections municipales de mars 2008, les électeurs devraient logiquement se retrouver avec trois listes au choix. Sur son bureau de maire, deux téléphones attendent de sonner. Aux murs, la métamorphose de Bégard s’affiche. Plusieurs clichés de vues aériennes permettent de voir les changements vécus par cette commune. Armoripark a fleuri dans un champ. Certaines évolutions sont spectaculaires. Faire preuve d’imagination À l’heure du bilan, Noël Bernard évoque toutes les réalisations destinées aux scolaires (crèche, écoles neuves, installations sportives...) ou encore toutes les infrastructures destinées aux associations. « On a fait en sorte que notre commune soit attractive. À force de semer, on récolte. En quatre ans, nous avons eu 300 nouveaux logements. Aujourd’hui, on a 5.000 habitants à Bégard. On va faire de la prospective. Dans dix ans, on arrivera à 6.000 ». Bégard n’est pas vraiment frappé par la désertification. Les petites et moyennes entreprises y prospèrent. L’hôpital de Bégard est aussi un poumon économique pour cette commune. « On doit toujours faire preuve d’imagination », conclut Noël Bernard à quelques semaines des élections. Pour l’avenir, il reste encore des projets à mener. Mais il n’est plus celui qui décidera. « On peut toujours faire mieux dans le domaine de la culture. Certains équipements pourraient être mieux utilisés », ajoute-t-il, sans vouloir rentrer dans le détail. Noël Bernard raccroche doucement, après 24 ans passés dans le fauteuil du maire. Il lui reste encore quelques mois pour définitivement passer le relais.
Éric Rannou
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Après avoir porté l’écharpe de maire pendant 24 ans, Noël Bernard a décidé de laisser sa place.

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