Municipales. « Chaise » dans un fauteuil
60,8 % des voix ! Hier soir, Jean-Yves de Chaisemartin n’en revenait pas lui-même. Et pourtant, les Paimpolais l’ont largement plébiscité. Pour ce matin, il n’avait qu’une envie, « se mettre au travail ! ».
Il avait créé la surprise au premier tour avec 36,7 % des voix. Il a carrément fait sensation, hier soir, en remportant 60,8 % des suffrages. Une victoire sans appel face à un Loïc Huchet du Guermeur, déçu mais pas abattu qui veut être un « chef de file de l’opposition très vigilant ». Si on ajoute à ses voix du premier tour, celles de Gérard Daudon (19,7 %) et celles de Thierry Duchêne (4,4 %), on arrive « pile poil » à 60,8 %. Une arithmétique parfaite en somme. Un engouement réel Comment expliquer un tel plébiscite ? Prime à la jeunesse ? Au personnage ? Méfiance envers les appareils de partis politiques traditionnels ? Ras-le-bol d’une vieille garde depuis longtemps aux manettes ? Sûrement tout cela à la fois pour un résultat aussi affirmé.
Pendant la campagne, et encore hier soir, les sympathisants du jeune homme évoquaient « le manque de jus » de la ville. « Paimpol s’est endormie. Il fallait quelqu’un comme lui pour la réveiller. Tous les jeunes vont s’installer ailleurs quand ils ne quittent pas carrément la région car ils ne trouvent pas de travail ici. Les élus de tous bords n’ont rien fait pour éviter ça. Lui, il va faire bouger les choses ». « Lui », c’était tour à tour « Jean-Yves » mais aussi « Dechaise » ou plus simplement « Chaise » tout au long des acclamations hier. Une popularité, un poids et une responsabilité qui n’ont pas l’air de faire peur au jeune homme qui fêtera son trentième anniversaire dans l’année. « C’est un battant », a rappelé son père, présent tout au long de la journée auprès de lui. Attend-il son fils au tournant ? Voit-il pour lui une longue carrière politique qui le mènera loin ? « Il veut agir pour Paimpol, cela va déjà être un gros travail pendant six ans ». « Cette adhésion massive à notre projet, voilà la vraie victoire », avaient été les premiers mots de Jean-Yves de Chaisemartin, en montant sur scène. Déficit d’image À gauche, Loïc Huchet du Guermeur n’aura donc pas su convaincre. Pour lui, l’expérience, les convictions sociales, les valeurs humanistes de son éducation de gauche, la sagesse de ceux qui ont déjà mené beaucoup de projets. Contre lui, un déficit de popularité (très peu de Paimpolais savent le reconnaître quand il passe dans la rue), un entourage d’élus de longue date dont manifestement les gens ne voulaient plus (Gérard Daudon avait déjà fait les frais de ce constat au premier tour). Ses 39,2 % de voix lui octroient cinq sièges dans le nouveau conseil. De quoi être vigilant sur les projets mais seulement ça. Ce matin, Paimpol se réveille avec de Chaisemartin.
Armelle Menguy
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Très ému, Jean-Yves de Chaisemartin savourait sa victoire, hier soir, entouré de ses colistiers.
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