Miossec. « Pourquoi j’ai décidé de m’engager... »
Candidat sur la liste de gauche à Locmaria- Plouzané : le chanteur Miossec, installé dans la commune depuis six mois, mais « pour longtemps ». Ça faisait déjà causer et ça va continuer...
Votre présence sur une liste aux municipales a pas mal étonné. Comment vous êtes-vous retrouvé là ? Je me suis installé à Locmaria-Plouzané en septembre dernier, en rachetant une ancienne ferme. L’une des conditions du vendeur, c’était d’habiter là à l’année. Ça tombait bien : moi qui ai beaucoup déménagé, j’avais envie de poser mes valises pour longtemps et de m’intégrer vraiment à la commune. J’ai tout de suite vu des choses qui ne m’ont pas plu du tout, comme l’histoire de la vente du Centre Iroise Armorique, au-dessus de Porsmilin, à des promoteurs et à un prix ridicule, sans plus-value financière pour la commune. J’ai trouvé ça dérangeant... Et puis j’ai rencontré Jean Le Traon (sa tête de liste, NDLR). L’ambiance dans l’équipe m’a plu, même s’il était clair dès le début que je ne serais qu’en position inéligible. Je viens d’arriver, faut pas pousser...
On imagine que vous ne pouviez vous retrouver que sur une liste de gauche, non ? C’est mon histoire familiale. Mon père était à la CGT des pompiers, un de mes grands-pères, ouvrier à l’arsenal... Et puis, comme on sait, c’est toujours mieux de se dire « de gauche » dans le milieu de la chanson... Là, c’est l’occasion de m’impliquer mais au niveau local. Sur le plan national, on est vite « marionnettisé ». Ici, j’assiste à des réunions où les gens sont libres de s’exprimer. C’est une commune qui est passée en peu de temps de 1.800 à 5.000 habitants, c’est vivant...
Vous pensez que votre nom peut être un « plus » ? Jean Le Traon pense que oui. Moi, je ne suis pas trop sûr. Peut-être sur le vote des 30-40 ans. Les élections peuvent se jouer ici avec peu d’écart, alors... Peut-être que ça peut aussi avoir un effet négatif, on verra... Même si je croise pas mal de gens qui viennent du quartier brestois de Saint-Pierre (sourire)...
Et comment réagissent les Lanvénécois à votre candidature ? Ici, les gens charrient facilement. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore reçu de lettre anonyme... Mais j’ai cru comprendre que le fait qu’on parle beaucoup de Locmaria dans les médias en France, ça énerve pas mal Viviane Godebert (maire sortante, NDLR), et ça, c’est déjà pas un mal...
C’est un secteur où le Brestois que vous êtes doit avoir des souvenirs ? Gamin, je passais mes vacances à côté, à Plougonvelin. J’ai lu dans un journal national que mes grands-parents y avaient une résidence secondaire, l’idée « Miossec bourgeois », etc. Ça fait un peu mal au cul ! En fait, c’était un préfabriqué, avec les toilettes dehors. Je vous parle du Plougonvelin d’avant, que le maire actuel a bousillé sur le Trez-Hir. Je n’ai rien contre le fait de construire, mais en respectant la loi Littoral et sans faire aussi moche que ça...
Recueilli par Patrice Le Berre
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