Municipales. Saint-Renan : sensation ou tradition
A Saint-Renan, Bernard Foricher (DVD) se présente pour un troisième mandat d’affilée. Il trouvera sur sa route le socialiste Jean-François Denis, convaincu de ses chances de renverser ce bastion conservateur.
Peut-être faudrait-il rouvrir les vieux grimoires pour retrouver trace d’une gestion municipale de gauche dans l’ancienne Sénéchaussée de Saint-Renan. Mais Bernard Foricher (63 ans/retraité), le champion de la droite, entré au conseil en 1977, en lice pour un troisième mandat consécutif de maire, n’entend naturellement pas apparaître comme le candidat du passé. Elaboré sous le sceau de la continuité, le programme de sa liste « Saint-Renan toujours » - composée de cinq adjoints, de douze nouveaux, essentiellement de sans-étiquettes et de quelques encartés UMP - met autant en avant son bilan que ses perspectives pour la commune : « Tout ce que j’avais promis de faire a été fait », assure-t-il. Avant d’énumérer « la crèche garderie, l’aire d’accueil des gens du voyage, le réaménagement de la rue Saint-Yves, la station d’épuration d’une capacité de 12.000 habitants, etc. ». « Rien à envier au plan social » Le 9 mars, Bernard Foricher soumettra à l’approbation de ses administrés son projet « d’augmentation des capacités d’accueil de la crèche (de 36 à 48 places), de construction d’une salle complémentaire pour les aînés, de 50 appartements sociaux avec BMH, d’aménagement d’un jardin de l’art, etc. ». S’estimant ne rien devoir envier à ses adversaires « sur le plan social », le maire sortant aborde sereinement l’échéance. Mais sans triomphalisme prématuré. Sage prédisposition. Les derniers scrutins renanais enseignent que rien n’est joué d’avance. « En 1993, l’écart entre la droite et la gauche était de 15 % en leur faveur, il n’était plus que de 5 % en 2001 », se galvanise Jean-François Denis (PS/53 ans/ingénieur), tête de la liste d’opposition « Unis pour Saint-Renan » où figurent des sans-étiquette, des adhérents de Frankiz-Breizh, du PCF, des Verts. « Raisonnablement confiant » De plus, au deuxième tour de la présidentielle, l’électorat (rajeuni) de la commune donnait l’avantage à Ségolène Royal. Sur ce constat de resserrement politique et quand bien même Marguerite Lamour (UMP) l’a emporté aux législatives de juin dernier, Jean-François Denis se montre « raisonnablement confiant » dans la possibilité de créer une sensation dans cette commune de près de 8.000 habitants en pleine expansion démographique. Pour convaincre, le challenger avance son expérience dans le milieu associatif et ses « valeurs de solidarité, d’ouverture qui ne vise pas que l’électorat de gauche ». Il promet de « travailler dans la transparence et de favoriser l’implantation des jeunes ménages par la maîtrise du prix du foncier. Ce que l’équipe sortante n’a pas su réaliser ».
Yann Le Gall
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