Municipales. Les candidats face aux lecteurs
Invités par Le Télégramme, quatre lecteurs sont venus partager leur petit déjeuner au « Conti’ » avec les trois derniers candidats à la course de l’hôtel de ville. Une occasion en or pour faire le point à quelques jours du dénouement.
Nicolas Ollier travaille dans un centre d’art. Loïc Prieur est avocat et enseignant. Yvette Boënnec, retraitée, et Maëlle Venneguès, étudiante. A priori, rien ne rassemble ces quatre Brestois. Rien, sauf le débat municipal qui nourrit les discussions à la veille du second tour. Il est à peine 9 h dans un petit salon de l’hôtel Continental et le café fume dans les pots. Les trois candidats encore en lice pour occuper le bureau du sixième étage de l’hôtel de ville arrivent, presque en même temps. François Cuillandre salue Fortuné Pellicano et Laurent Prunier, qui, eux, ne se serrent pas la main. Protégez-moi de mes amis. Ambiance courtoise Autour de la table, lecteurs et candidats s’installent côte à côte pour une discussion informelle, à bâtons rompus. Après des présentations rapides et une première chicanerie des trois sur les étiquettes revendiquées ou pas, la benjamine de ce petit déjeuner particulier, Maëlle Venneguès, endosse la responsabilité de la première question, à propos du logement étudiant. Un peu tendus, les candidats répondent consciencieusement, un œil sur le programme, un autre sur ces quatre (é)lecteurs inconnus, devenus leurs intervieweurs de l’instant. Le débat s’engage de façon courtoise, presque figée. Seul Fortuné Pellicano ose un « c’est pas facile pour vous de faire passer le micro de gauche à droite, monsieur Cuillandre » pour tenter de dérider un peu l’atmosphère qui, à défaut d’être pesante, n’est pas non plus celle d’une fin de banquet familial. Le petit pain au chocolat annoncera-t-il quelques autres pains de campagne ? Pas vraiment. Fortuné Pellicano s’agite pourtant un peu plus, rappelle au détour d’une assertion sur la fiscalité des entreprises, « que je suis gérant de société, mon parcours professionnel est connu de tous », en regardant Laurent Prunier. Celui-ci rappelle en riposte qu’autour de la table, il y a « deux candidats de droite ou tout au moins dits de droite ». Protégez-moi de mes amis, bis. L’emballage final Pendant ce temps-là, François Cuillandre joue sur du velours. Tout juste s’agace-t-il un peu de la question des déjections canines. Il affirme « que je ne mettrai pas un employé municipal derrière chaque chien. Je crois au civisme ». Les questions roulent, le temps passe, les fleurets restent mouchetés et l’on s’apprête à passer l’essuie-miettes quand Laurent Prunier se félicite de l’installation du pôle d’instruction judiciaire à Brest. Les foudres lui tombent sur la tête. « Je ne peux pas me réjouir du malheur des autres, c’est dans ma culture », assène Fortuné Pellicano, main sur le cœur. « La carte judiciaire est un rude coup pour le service public de proximité », s’insurge François Cuillandre. « Je ne parlais que du pôle de l’instruction », corrige Laurent Prunier. Mais déjà, les lecteurs se lèvent. En bas, sur les fauteuils du « Conti’ », Fortuné Pellicano et Laurent Prunier discutent. Pas longtemps.
Steven Le Roy
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Débat entre candidats et lecteurs, hier, au « Conti’ ».
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