Dimanche. Du succès à l’échec
Dimanche, lorsque seront tombés les résultats du premier tour des municipales, chacun fera peut-être mine d’avoir gagné. En tout cas de ne pas avoir perdu. Sauf que... « Brest en marche ». A la tête de sa coalition PS, Verts, PC, etc., le maire sortant est le grand favori du scrutin. Compte tenu des résultats électoraux de 2007 à Brest et d’un courant national a priori porteur pour la gauche, on n’attend pas pour sa liste un score inférieur à ses 45,9 % du premier tour de 2001. Sans parler d’une victoire dès dimanche, un résultat supérieur à 47 %, du fait de la présence de sept listes à ce premier tour (six en 2001), constituerait un vrai succès. Sous les 44 % ? Déception. Sous les 42 % (tram ?) ? Déconvenue. « Ensemble, ambitieux pour Brest ». Bénéficiant des étiquettes UMP, Nouveau Centre, MPF, Parti Radical, etc., la liste de Laurent Prunier se doit de terminer deuxième, dimanche. Son résultat sera jugé à l’aune de celui de la liste Marzin au premier tour de 2001 (35,4 %), des scores brestois, cumulés, de Nicolas Sarkozy et Philippe de Villiers au premier tour de la présidentielle 2007, de l’absence de l’extrême droite en 2007 et de l’ampleur de son écart d’avec la liste concurrente de Pellicano. Prunier doit flirter au moins avec les 25 % dimanche pour commencer à se montrer satisfait. Sous les 20 %, l’échec serait sévère. « Rassemblement pour faire gagner Brest ». Fortuné Pellicano espère compenser par sa notoriété et sa situation d’élu sortant l’absence derrière lui de formation politique. Combien vise-t-il secrètement ? Mystère. Mais à partir de 10 %, son pari d’imposer à Brest une droite indépendante sera déjà partiellement gagné. Et au-delà des 15 %, on l’imagine déjà aux anges. « Pour Brest, la gauche debout ! ». Belle campagne de terrain et grosse organisation pour les successeurs LCR, MRC et associatifs de « Baga ! » en 2001. Impératif absolu : atteindre les 10 % pour pouvoir concourir à un éventuel second tour. En deçà, tout serait à recommencer dans six ans. « Brest au cœur ». Première campagne du MoDem, avec l’objectif d’obtenir des élus centristes autonomes. La liste de Mikaël Cabon vise, elle aussi, un minimum de 10 % dimanche. Si elle ne l’obtient pas, il lui restera à espérer pouvoir fusionner avec celle de Pellicano... « Lutte ouvrière » et Liste ouvrière et socialiste. Entrées en lice tardivement, ces deux listes auront essentiellement fait campagne sur des thèmes nationaux. En dépit de possibles espoirs de leurs animateurs, bien rares sont ceux qui les imaginent franchir les 5 %, ce qui, à leur niveau, constituerait déjà une relative réussite.
Patrice Le Berre
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