Brest. L’économie et l’emploi
Le premier volet des dossiers que nous consacrons aux propositions des sept têtes de liste aux municipales a pour thèmes l'économie et l'emploi. Chacune d'entre elles évoque sa vision du développement économique et ses idées pour dynamiser l'offre d'emploi à Brest au cours des six prochaines années.
François Cuillandre (PS). « Attractivité et accessibilité »
Une double priorité : attractivité et accessibilité. La mise à trois heures de Paris par rail est la priorité absolue. La confortation de notre socle naval, civil et militaire, la diversification de l’économie, la vocation de capitale européenne des sciences et technologies de la mer, sont au cœur de notre projet pour l’emploi. À cela s’ajoutent des améliorations telles que la modernisation de l’outil portuaire et le renforcement des hauts débits multimédia. L’attractivité passe par la qualité et la diversité des formations. Nous continuerons de soutenir l’UBO, la formation professionnelle et les grandes écoles.
Aménagement équilibré Outre une clause d’insertion dans nos marchés publics, notre action pour l’emploi se traduira dans l’aménagement de zones d’activités, avec une offre foncière à l’est, à l’ouest ou sur le port. Nous le ferons de manière équilibrée avec l’hyper-centre, où le commerce tient une place très importante et dont les futurs espaces publics conforteront l’attractivité. Nous devons engager une véritable coopération avec Quimper, Morlaix et Lannion, pour défendre nos grands projets et avec les autres métropoles : Rennes, Nantes et Angers pour construire un territoire pertinent à l’ouest de l’Europe.
Laurent Prunier (UMP). « Baisser la pression fiscale »
Pour préserver nos emplois et dynamiser l’offre, nous proposerons une baisse de la pression fiscale. Le taux moyen de Brest Métropole Océane (20 %) pénalise notre économie locale. Nous créerons l’agence de prospective et de développement économique « Brest Métropole Expansion », pour faciliter la création d’entreprises. Le Technopôle (seulement 500 emplois créés en 20 ans) répondra désormais à des objectifs de réussite. Nous renforcerons la vocation maritime de Brest, créatrice d’emplois dans la recherche scientifique et l’économie maritime. Nous protégerons l’économie de proximité, en appliquant la loi Dutreil sur le contrôle de l’attribution des baux commerciaux.
Désenclaver Brest Nous nous attacherons à désenclaver Brest, en faisant entendre la voix de Brest au niveau national. Nous nous battrons pour la réalisation de la Ligne à Grande Vitesse qui mettra Brest à trois heures trente de Paris et pour que nos voies express vers Rennes et Nantes soient aménagées aux normes autoroutières, tout en restant gratuites. Enfin, la généralisation de l’Ultra Haut-débit sera l’une de nos priorités, afin d’asseoir nos pôles de compétitivité et rendre notre cité attractive pour l’implantation de nouvelles entreprises.
Fortuné Pellicano (droite). « Mer et construction navale »
Notre équipe propose aux Brestoises et aux Brestois de donner la priorité au développement économique. Nous nous appuierons sur la vocation maritime de notre agglomération, actuellement sous-exploitée. Il est indispensable de tout mettre en œuvre pour développer la construction et la réparation navales. Pour atteindre cet objectif, il faut diversifier la filière navale brestoise, en l’orientant vers le nautisme, les navires de pêche et les bateaux de compétition. Nous nous engageons résolument pour la création d’une véritable filière de déconstruction et de dépollution des navires. Brest doit créer un centre de formation sur les métiers de la construction navale et de la mer, en collaboration avec des universités, la CCI et les organisations professionnelles.
Diversifier le tissu économique Pour créer de l’emploi, Brest doit également diversifier son tissu économique. En constituant rapidement des réserves foncières en terrains viabilisés et immeubles, nous pourrons faciliter l’implantation rapide de nouvelles entreprises. Cette implantation passe aussi par la création de zones franches urbaines à fiscalité modérée. Nous militerons très activement auprès des autorités compétentes pour que Brest se trouve à trois heures en TGV de Paris.
Hugues Bouché (PT). « Nationaliser les secteurs clé »
Devant le démantèlement de nos industries et le pillage organisé par les banques, on est pour la nationalisation des secteurs clé de l’industrie et des banques. C’est la fin progressive de Jabil, avec seulement 200 ouvriers. Tout le travail est envoyé par Alcatel en Chine. Les arsenaux, depuis le plan Millon, sont passés de 7.000 à 3.000 travailleurs sous statut. Nous demandons le retour au statut d’État des arsenaux et le monopole de la construction, de l’entretien et de la déconstruction. Un emploi à l’arsenal induit trois ou quatre emplois.
Pas de soumission à l’UE Pour pouvoir renationaliser, il faut refuser de se soumettre à l’Union européenne. Dans toute l’Europe, la production industrielle s’effondre, EADS, Arcelor-Mittal, Alcatel ! Et que répond la Banque centrale européenne ? Elle refuse de baisser ses taux, mettant en péril les exportations des entreprises européennes. On est pour le maintien des contrats de travail à durée indéterminée, contre la précarité qui s’étend ! Un vrai travail, un vrai salaire, avec des vrais diplômes reconnus par les conventions collectives. Et créer tous les emplois nécessaires dans la fonction publique (postes, hôpitaux, écoles, etc.), pour que les jeunes trouvent un emploi sur place.
André Cherblanc (LO). « Contrôler les entreprises »
À propos des licenciements à Jabil, le maire a rencontré les dirigeants de Jabil et Alcatel. En vain. Les grands groupes industriels et commerciaux n’en font qu’à leur guise. Ils brassent des affaires à milliards et se moquent bien des sinistrés qu’ils laissent derrière eux. Il n’est pas du pouvoir du maire d’interdire les licenciements mais ce qu’il pourrait encourager, c’est le contrôle par les salariés et la population des comptes et des décisions de groupes tels qu’Alcatel et Jabil ou encore Thales, qui s’est taillé la part du lion, à peu de frais, lors de la création d’une filiale commune avec DCNS, désormais organisée en tant que centre de profit, comme toute entreprise privée. C’est indispensable si l’on veut mettre un frein à leurs méfaits.
Surenchère du patronat Les municipalités, pour, pensent-elles, attirer l’emploi, courent après des entreprises. Le patronat joue de cette surenchère, lorgnant vers les avantages qu’il peut escompter des uns ou des autres. On peut peut-être se réjouir de la venue d’Ikea, sur la zone du Froutven. Mais à quel prix pour les finances locales ? Et au préjudice de combien d’actions municipales permettant de compenser un peu les inégalités de revenu entre riches et pauvres ?
Mikaël Cabon (MoDem). « Impulser et soutenir l’emploi »
Les développements économique et industriel seront notre priorité, afin de disposer d’une base fiscale permettant de financer des projets à la hauteur de notre métropole. Nous favoriserons les nouvelles implantations commerciales de proximité. La mise en place d’un système de fonds d’investissement local fournira aux entreprises les fonds nécessaires à leur développement, en rassemblant l’épargne des Brestois volontaires. Ce sont les entreprises qui créent de l’emploi, et non la collectivité, dont le rôle est d’impulser et de soutenir.
La mer, nouvel horizon économique L’accès à un réseau Très haut débit pour les PME doit être une priorité, dès la première année du mandat. Chaque année, une semaine de l’économie permettra aux porteurs de projets locaux de partager leur expérience avec les jeunes et de les sensibiliser aux questions économiques. Des réserves foncières et immobilières seront définies, pour répondre aux besoins des entreprises et commerçants, actuels et à venir. Le port de Brest, premier port en France pour la réparation navale, doit développer ses activités : entretien, réparation, déconstruction. Le nouvel horizon économique de Brest passe par une thématique trop longtemps oubliée : celle de la mer.
Céline Mandon (Gauche debout). « Une charte contre la précarité »
Nous élaborerons une charte sociale : CDI et temps plein, limitation de la sous-traitance et de l’externalisation, qualité des conditions de travail, égalité femmes-hommes. Les subventions et les marchés publics utiliseront cette charte pour limiter la précarité. La collectivité montrera l’exemple, en réintégrant ses services sous-traités et en recrutant des personnes handicapées.
Soutien à l’économie sociale et solidaire Nous rendrons les appels d’offres accessibles aux artisans. Nous soutiendrons l’économie sociale et solidaire et les commerces de proximité. Les nouveaux services publics, liés aux déchets et à l’énergie, créeront de nouveaux emplois, auto-financés. Nous tournerons la ville vers de nouveaux emplois liés à la mer : déconstruction de navires, militaires puis civils, énergies renouvelables marines (houle, marées, etc.), garde-côtes européens, cabotage. Pilotée notamment par les commandes pour la restauration collective, l’industrie agroalimentaire ira vers plus de qualité : suppression des OGM (production, importation et alimentation animale), élevage plus respectueux de la nature, prise en compte des allergies alimentaires, promotion de la filière bio, de la production à la transformation.
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