Paroles de soldats (2)
Nous avons donné la parole à des colistiers des quatre candidats aux municipales. Une femme, un homme. Et un point commun : ils sont tous nouveaux en politique. Liste Nicolas : « Changer » « Je ne crois pas au fatalisme. Face à l’immobilisme, très vite, ça me titille ». Alain Parc, inspecteur dans les assurances, dégage calme et solidité. « Je pense qu’on peut réveiller Châteaulin. La communauté de communes, pareil, ça n’avance pas ». Corinne Marc et lui ont assisté à la première réunion de Xavier Boullet. « J’ai eu l’intuition que ce n’était pas lui, glisse la jeune femme. Trop abrupt ». « J’y suis allé après avoir été à celle de Gaëlle Nicolas et là, le choix a été évident, confirme Alain Parc. Crédibilité de parole, volonté de faire travailler le groupe, qualité de l’accueil... J’ai trouvé là mes valeurs. Tolérance, écoute, partage. L’envie collective de renouveau ». Corinne Marc acquiesce. « On sent qu’il y a une réelle attente de changement dans la population », assure la jeune mère de famille, ravie de se retrouver dans ce groupe « solidaire et efficace ». Pourtant, elle a hésité. Avec son compagnon, elle dirige une entreprise artisanale. Pas évident de s’engager politiquement. « Mais quand j’ai vu arriver dans le groupe des gens avec d’autres idées, j’ai trouvé ça vraiment intéressant. Les échanges sont riches. Et cinq mois plus tard, je suis même agréablement surprise quand on me dit qu’on est content de me voir là. Et puis Gaëlle Nicolas est pragmatique et surtout très accessible. Les gens ont pu s’en rendre compte avec tout le porte-à-porte qu’elle a fait. Elle n’était pas connue, maintenant, elle l’est ». Liste Baraër : « Écouter » Il s’est beaucoup exprimé dans cette campagne mais n’en demeure pas moins nouveau venu sur la scène politique locale. Et pour cause. Cela fait plus de deux ans qu’il « bosse », comme il dit, un projet pour cette ville dont il s’est « exilé » plus de vingt ans. « Pour rassembler, j’ai proposé mon projet comme base de travail collectif. Et j’ai dû me résoudre à l’idée que ce n’était pas la bonne démarche. Il faut s’adresser aux personnes avant tout ». « J’ai apprécié qu’il dise publiquement qu’il arrêtait », interrompt Marie-Claire Jacq, que l’on sent si investie dans cette nouvelle mission qu’elle a acceptée. « De là, reprend notre homme, quand Jean Baraër et Bernard Le Guillou ont voulu reprendre l’affaire, j’ai été plus que content, puisqu’ils voulaient faire vivre mon projet ! Après, bien sûr, j’ai accepté d’en être. Et aujourd’hui, je vois que Xavier Boullet et Gaëlle Nicolas ont copié ce projet ! Moi, je dis qu’il vaut mieux se fier à l’original qu’à la copie ! ». Marie-Claire Jacq sourit, visiblement conquise par la force de conviction -et l’humour- de celui qu’elle a côtoyé sur les bancs de l’école. La liste de droite qui n’a pas réussi à aller jusqu’au bout il y a sept ans, elle en était. « Pour la démocratie, pas pour l’étiquette ». « Quand Yvon s’est lancé, ça m’a réveillée ! Il y a une chape sur les gens. Ils ressentent l’équipe actuelle comme sectaire. Le sectarisme, c’est l’inertie, les dogmes et le danger qui va avec, l’intolérance ». Marie-Claire Jacq pèse ses mots. Elle les a d’ailleurs notés. « L’équipe de Jean Baraër, c’est tout le contraire. Il y a de l’ouverture, de la liberté d’expression, de l’écoute. Il faudra que ça continue après. Je l’ai promis aux gens ».
Propos recueillis par Marie-Line Quéau
|