Bernard Poignant. « Le maire de toute la ville »
Une joie contenue, sans démonstration excessive. Si ce n’est l’image d’un vainqueur, debout sur une chaise, haranguant une foule tout acquise à sa cause. Posture assez inédite d’un député européen habituellement sur la réserve. Heureux, Bernard Poignant l’était forcément. Mais l’homme s’est immédiatement voulu rassembleur, joignant constamment Daniel Le Bigot à ses remerciements. « Dimanche, un maire sera élu et ce sera probablement moi. À compter de ce jour, je serais le maire de toute une ville. Avec Daniel, nous resterons fidèles à nos convictions, respectueux de ceux qui ont donné une orientation différente à leurs votes ». Le Bigot et l’écologie, un leitmotiv tout au long de la soirée. Au siège du Parti socialiste, quelques minutes plus tôt, le candidat de la gauche avait été sobrement applaudi par ses militants avant de mettre le cap sur la mairie. Devant la permanence d’Isabelle Le Bal, le cortège, auquel s’étaient joints les Verts, a même été applaudi par les sympathisants du MoDem. « Plus de 55 % des voix, c’est considérable dans une triangulaire, se réjouissait Bernard Poignant. J’avais bien une petite boule au début du dépouillement, mais j’ai su assez vite que c’était positif ». Ce retour aux affaires, l’ancien maire confiait hier soir l’avoir décidé en juillet 2007. « Sans explication précise, l’envie est venue. Si l’émotion est plus forte qu’en 1989 ? Je n’arrive pas à les comparer. Dans ma vie politique, je retiendrais trois émotions : mon entrée à l’Assemblée nationale, à la mairie et au parlement européen ». Un siège de député européen que Bernard Poignant n’entend pas abandonner avant décembre 2008, terme de la présidence française. « Évidemment que l’on peut jongler entre le mandat de maire et celui de député européen. Ce n’est pas plus compliqué que d’être maire et député ».
Yves Madec
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