Élections. La gauche réalise le grand chelem
La gauche a réalisé le grand chelem hier soir à Quimper. Elle a remporté la mairie et les trois cantons. Des résultats sans appel, face à une droite passablement désunie et meurtrie.
Pas l’ombre d’un doute à l’occasion d’une triangulaire de second tour marquée par une participation stagnante (66,2 %), par rapport au 1 e r tour de dimanche dernier (65,5 %). Soit 311 votants supplémentaires. Avec 55,7 % des suffrages exprimés, la liste de la gauche rassemblée derrière le socialiste Bernard Poignant et le Vert Daniel Le Bigot a largement survolé le scrutin municipal hier à Quimper. Elle devance ainsi de 23,6 points la liste de droite (UMP-Nouveau centre,etc.) conduite par Marcelle Ramonet (32,1 %) et de 43,5 points la liste centriste emmenée par Isabelle Le Bal (MoDem, 12,2 %). 38 sièges sur 49 En progressant de près de vingt points (+ 5.432 voix) par rapport au 1er tour, l’équipe du futur maire Bernard Poignant n’a pas tout à fait accompli le plein des voix de gauche et d’extrême gauche du 1 e r tour (59,3 %).
Mais elle remporte un succès tonitruant, ne laissant qu’un seul bureau sur 49 à sa challenger de droite Marcelle Ramonet. La gauche plurielle détiendra donc 38 sièges au conseil municipal quimpérois, dont le maire et les adjoints seront désignés le week-end prochain. La droite devra se contenter de 8 sièges et le centre de 3 sièges. Cette victoire de la gauche n’est finalement que le dernier épisode d’une série de succès électoraux remportés à Quimper depuis sa cuisante défaite aux élections municipales 2001. La tendance était lourde, elle n’a fait que se confirmer hier soir. D’autant que la gauche s’est adjugé les trois cantons quimpérois, en ravissant le premier à la droite et conservant les deux autres. Droite minée À droite au contraire, la défaite est lourde. La liste dirigée par le tandem d’adjoints sortants Marcelle Ramonet-André Guénégan n’aura finalement progressé que de 858 voix d’un tour à l’autre. Elle a stagné à un niveau historiquement bas pour la droite locale. Elle paie très vraisemblablement la conjonction d’un bilan pour le moins mitigé de la municipalité Gérard sortante, dont la moitié de ses membres étaient issus, et de ses divisions. Ses dissensions, elle a longtemps tenté de les dissimuler ces dernières années. Mais elles sont apparues ou plus exactement réapparues au grand jour dès les prémices de la campagne. Le processus d’investiture calamiteux, les exclusions ou remises au pas d’adhérents et la popularité déclinante de Nicolas Sarkozy ont achevé de miner les chances de l’UMP. D’autant que la liste formée par Isabelle Le Bal et Pierre Donnars (MoDem), deux autres adjoints sortants, a conforté hier sa performance du 1 e r tour de l’élection municipale. Avec ses 12 %, elle indique sans doute qu’elle a fait un peu plus que contrarier les ambitions du tandem Ramonet-Guénégan.
Bruno Salaün
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Il y avait foule encore hier soir dans le hall de la mairie, où la liste Poignant a été ovationnée pendant de longues minutes.
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