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G. Kergonna. « Les finances sont nickel »
Georges Kergonna, premier adjoint à Quimper, inaugure la série de portraits des adjoints. Dans son bureau, il fait la moue et montre la moquette défraîchie. « Rien n’a changé depuis que nous sommes partis. L’impression que c’était hier ».
Les héritages se transmettent sereinement à Quimper. « En 2001, nous avons laissé des finances nickel. Cette fois-ci, la situation est aussi nickel. Il n’y a pas de loup dans la bergerie », commente Georges Kergonna. À 60 ans (dans quelques jours), il a donc rempilé en mairie après deux mandats d’adjoint et sept années d’interruption. Cette coupure, il dit l’avoir bien vécue. « En fait j’étais un peu fatigué. J’en ai profité pour buller ». L’élu se reprend. « Sauf au secrétariat de la section PS ». « Le plus dur dans cette défaite de 2001 a été de ne plus rencontrer des personnes de grande qualité que l’élu côtoie dans sa fonction. Il y a alors une sensation de vide ».
Le Quimpérois (il est né en 1948 au Moulin-Vert) est cadre de l’administration hospitalière. Sa vie politique résulte peut-être d’une rupture décisive dans son parcours professionnel débuté en 1969. « Une rupture de fait » « Je suis de gauche par héritage familial. J’étais militant syndical à la CGT. Je menais une vie normale, je faisais du vélo en compétition ». Et puis en 1980, il passe un nouveau concours pour devenir cadre et prend la direction de la blanchisserie de l’hôpital, « une vraie entreprise avec 54 employés ». « Ce fut une rupture de fait. Je me retrouvais en réunion syndicale avec des collègues qui travaillaient à la blanchisserie dont j’étais le directeur. J’ai arrêté le syndicalisme. Je ne voulais pas les inhiber. Devenir directeur d’entreprise m’a donné une approche plus pragmatique, moins idéologique de l’économie ». Georges Kergonna a adhéré au PS en 1986. Trois ans plus tard, il fait acte de candidature pour participer aux municipales. « Ma fonction de directeur a sans doute joué. Je me suis retrouvé adjoint au maire en charge des finances et du logement. La présidence de l’Opac m’a permis de garder un pied sur le terrain. C’est là que j’ai eu le plus de satisfactions concrètes. Je n’oublie pas les réceptions de logements avec les locataires et les entrepreneurs, le sentiment de construire pour les autres ». « Des semaines de 70 heures » Georges Kergonna a mené de front ses mandats d’élus et son métier. « C’était difficile, parfois des semaines de 70 heures. Quand on arrive on ne sait pas à quoi on s’engage. En 1995, j’étais pourtant à nouveau candidat en sachant ce qui m’attendait. On ne peut donc pas parler de sacrifice, même si la vie de famille en souffre. Pour beaucoup d’élus de gauche, cette situation est le prolongement naturel de précédents engagements associatifs, syndicaux ». Aujourd’hui, Georges Kergonna est premier adjoint, conseiller général (« le premier mandat gagné sur mon nom après une magnifique campagne d’équipe »), délégué à la communauté et toujours directeur de blanchisserie. « Je vais me mettre à mi-temps, mais je pense rester jusqu’à 2010 à l’hôpital ». Le vélo est sans doute rangé pour quelque temps.
Ronan Larvor
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