Municipales. Qui est dans le club des cinq ?
Les municipales font depuis des semaines la une de l’actualité. Du moins dans les médias. Et dans la rue, qu’en pense-t-on ? Le Quimpérois connaît-il les noms des cinq candidats ? C’est la question posée hier matin au hasard des rencontres.
« Les cinq noms des têtes de liste, heu... Le Roux, non ça doit être pour les cantonales, Ramonet, Poignant, Urvoas... Je n’ai pas les noms en tête et pour tout dire je m’en fous un peu. Mais je voterai quand même, par civisme. En général, je vote pour un homme, pas ses idées, car tout le monde promet monts et merveilles » Jean-Luc , la trentaine avoue ne pas être passionné. Chantal de la même génération n’est pas beaucoup plus sûre de son coup et s’en excuse. « Poignant, Alain Gérard, ah non pas lui... Raymonde euh... ». « Vous voulez peut-être dire Marcelle ». « Oui, Ramonet. Je n’ai pas beaucoup suivi la campagne. Mais je garde tous les prospectus, je ferai ma petite synthèse avant d’aller voter ». Et les autres ? « ? ». Il y a Isabelle Le Bal, Daniel Le Bigot, Janine Carrasco. « Daniel bien sûr, j’aurai dû le citer, c’est un collègue ». Ce mercredi matin ensoleillé dans le quartier des halles, on se prête facilement au jeu. Bizarrement, à part des retraités CGT qui appellent à la manifestation du lendemain, il n’y a guère de « tracteurs » politiques. Joela, la quarantaine a les idées arrêtées. « Je peux citer Poignant, Ramonet et celle qui fait danser, comment déjà... Le Bal. Et puis il y a celui qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son poulain Nicolas Hulot... Il y a aussi la candidate de l’extrême gauche. Elle se coiffe exactement comme Laguillier. Mais tout cela je n’y crois plus. Je n’irai pas voter. Je fais les choses pour la société d’une autre façon ». Bernard, retraité, est aussi un peu désabusé. « Je ne suis pas très optimiste sur l’état de la France. Je ne suis pas sûr d’aller voter. On n’est jamais écouté. Par contre, j’irai à la manifestation des retraités ». Laurent , la quarantaine habite, lui, dans le Pays bigouden. Il cite spontanément Ramonet et se demande s’il ira voter dans sa commune. « J’ai un doute. Les candidats nous écoutent seulement les six derniers mois avant l’élection. Je ne suis plus naïf. Dans une grande ville, je voterai contre la droite, mais peut-être pas pour la gauche ». Il avoue avoir voté Bové aux présidentielles. Une jeune femme d’une vingtaine d’années passe. « Je suis de Trégourez, j’en ai rien à foutre ». Une commerçante bigoudène sur le marché, explique sa stratégie. « On vote au faciès. Nous avons récupéré les photos des listes en présence et nous avons coché nos clients. Nous voterons pour celle qui en a le plus ». Arlette , elle a presque cinq sur cinq. « Ramonet, Poignant, Le Bal, Bigot et le parti communiste ». Non, il s’agit de Janine Carrasco pour la LCR. « C’est une nouvelle ? ». Et non, c’est même la seule tête de liste de 2001 encore présente cette année. « Ils racontent toujours la même chose. Moi je vote pour la personnalité, continue Arlette. Ce sont les résultats qui comptent, pas la politique ». Pascal , croisé aux halles, s’essaie à l’humour sur une campagne qu’il juge « très soft ». « Il y a maître Poignant, Marcelle ma copine, la petite Le Bal, l’homme vert et Rainero peut-être ». Non. « Ah il n’est pas de service ? ». « De toute façon les programmes sont quasiment les mêmes à quelques variantes près. Je ferai un vote de proximité ». Nicole , la soixantaine, arrive. Elle a cinq sur cinq. « C’est normal, je serai assesseur dimanche. Pourtant je n’ai pas vraiment suivi la campagne. J’étais en vacances ».
Ronan Larvor
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