Municipales. Les candidats se soumettent à la loi du marché
Carrefour incontournable en temps d’élections, le marché du vendredi réunit depuis quelques semaines les listes en présence. Pour multiplier les contacts avec les électeurs, chacun affine sa stratégie.
« Ah oui, eux, c’est les Verts, avec la droite contre Le Bris... euh, Le Roux. Ils sont pas ensemble ? Ah, bon. Et il y a une autre liste aussi, non ? Ils sont près des légumes, là-bas ? » Devant la rôtisserie installée place Jean-Jaurès, hier matin comme chaque vendredi, ce retraité peine à s’y retrouver. Les candidats et leurs colistiers se croisent et recroisent dans les allées du marché. « Moi, je vote toujours pareil, alors... » Il inspecte quand même les différentes professions de foi qu’on lui a remis et semble commencer à y voir clair dans la campagne concarnoise. Semble, seulement, car en s’approchant de Dominique Dieterlé, il lui lance : « Alors, vous, c’est pour les curés, c’est ça ? » Aïe... « À 9 h aux légumes à 10 h 30 aux fringues » Qu’il soit considéré comme un agréable exercice de démocratie directe ou comme une corvée désuète, le rendez-vous du marché est inscrit dans la tradition électorale. « Mieux que les blogs, les affiches et tout le reste, il faut montrer sa tête ici... même si certains ne sont pas à l’aise », résume Philippe, vendeur de lingerie. « C’est le folklore mais c’est plutôt sympa : ça fait un peu plus d’animation et ça fait parler les gens », indique un volailler. Les quatre listes s’organisent au mieux pour bien marquer leur présence. Jean-Yves Rogel détaille ainsi la stratégie de la liste socialiste : « Être à 9 h aux légumes et à partir de 10 h 30 aux fringues ». « On ne peut pas défendre la démocratie de proximité et faire l’impasse sur ces contacts directs avec les citoyens », indique Jean-Paul Le Roux. La liste d’André Fidelin met en place deux équipes se relayant en milieu de matinée, « avec le souci de ne pas déranger les commerçants ». « Dans une campagne, c’est bien d’avoir des moments plus détendus, avec des rencontres où l’on parle un peu de tout », note la tête de la liste « Rassemblés pour agir ». Les Verts, privés cette semaine de leur tête de liste Philippe Laporte, sont quant à eux une demi-douzaine sur le marché : « C’est peut-être un cliché, mais être ici est toujours efficace, plus en tout cas que les réunions publiques, où il n’y pas grand monde », explique Samuel Lavoine, nº 7 de la liste. Les anti-libéraux sont quant à eux en effectif réduit. Il faut dire que la semaine dernière, ils ont réalisé un gros coup : en plaçant une douzaine de militants sur une ligne traversant le marché de part en part, ils n’ont raté personne. « Désormais, nous mettons l’accent sur le porte-à-porte », signale Dominique Dieterlé. Comme les autres candidats, elle aura croisé dans les allées beaucoup de touristes, vacances oblige. « Ça semble très calme, très courtois entre les différentes listes, ça nous change », rigolent d’ailleurs Chris et Jérôme, de Reims. Est-ce que ce sera encore le cas vendredi prochain ?
Rodolphe Pochet
|
Réagissez
|
|
|