UDB. « Dépasser la notion identitaire »
L’UDB s’est imposé depuis treize ans comme l’une des composantes de la majorité municipale sortante. Il espère prolonger ce partenariat à gauche et miser sur cette diversité avec le PS, le PC et les Verts.
Quelle est la différence entre l’Union démocratique bretonne et le Parti breton ? Yann Syz : Nous, nous savons ce que nous sommes ! C’est-à-dire un parti de gauche : nous cherchons à articuler les libertés individuelles au sein des solidarités collectives. Nous sommes aussi écologistes et régionalistes. Notre projet est de favoriser l’autonomie de décision des citoyens dans leur région. Nous sommes également européens, favorables à une Europe des régions. L’UDB est présente sur le terrain politique depuis près de quarante ans. Je ne connais pas encore le positionnement du Parti breton. Est-ce que ce flou relève d’une stratégie politique ? En tout cas, j’observe que ses candidats se présentent sur des listes de droite, à Lorient, Auray ou Guidel.
Quel est le poids du petit parti régionaliste dans la gauche plurielle lorientaise ? Nous sommes dans la majorité municipale depuis 1995. Et nous sommes des partenaires à part entière, exigeants, critiques et sans complexes, au même titre que les Verts et le PCF. Pour être crédible, il ne faut pas s’enfermer dans la dimension identitaire régionale mais proposer une vision plus large de la société. Nous nous sommes impliqués dans la politique de la ville.
Qu’avez-vous apporté à l’équipe municipale sortante ? Nous sommes d’abord des diffuseurs d’idées. Dès la fin des années 1990, nous avons proposé l’exclusion des OGM dans la restauration municipale puis nous avons introduit les repas bio en lien avec des producteurs locaux. Nous sommes également très attachés à l’idée du pays de Lorient. Nous avons décidé de rejoindre les listes intégrant la notion d’intercommunalité. N’oublions pas qu’il s’agit d’une élection à double niveau puisque les conseillers municipaux éliront ensuite leurs représentants à Cap l’Orient qui gère des millions d’euros et façonne le quotidien des habitants.
Quelles sont vos priorités pour le prochain mandat ? Nous souhaitons soutenir concrètement l’économie sociale et solidaire en facilitant, par exemple, la création de coopératives. Nous veillerons à l’application de la charte sur la langue bretonne en demandant la création d’une commission réunissant tous les acteurs : élus, techniciens, associations. Nous porterons une attention particulière aux services et commerces de proximité en dehors du centre-ville, notamment à Kerfichant.
Et l’enseignement du breton ? Nous soutenons bien évidemment Diwan et la filière bilingue Div Yezh. Cette dernière passe par le développement du site de Merville en complément de Nouvelle-Ville afin d’assurer son prolongement au collège.
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