La participation était en baisse dimanche au second tour des municipales et cantonales, où la droite espérait limiter les dégâts face à une gauche qui appelle à "confirmer" un vote sanction contre le pouvoir et espérait conquérir quelques grandes villes symboliques.
Tout au long de la semaine, droite et gauche avaient pourtant appelé à la mobilisation, l'abstention ayant atteint au premier tour un record depuis 1959, à 33,5%. La première espérait ainsi
combler son retard, la seconde pousser son avantage.
Mais dimanche à 17H00, le taux de participation s'élevait à 54,45% contre 56,25% à la même heure le 9 mars, et 54,59% au second tour des municipales de 2001, selon le ministère de
l'Intérieur.
Aux cantonales, la participation était encore inférieure, avec 50,77% à 17H00, contre 54,53% il y a une semaine et 47,89% au 2eme tour du scrutin de 2001.
A Paris, la participation était de 38,13% contre 38,4% il y a une semaine et 48,1% à la même heure en 2001.
Au second tour des municipales de 2001, 69% des électeurs s'étaient déplacés pour aller voter.
Globalement, la majorité présidentielle (45% des suffrages contre 47% à la gauche au premier tour), devrait voir s'éroder le léger avantage qu'elle avait depuis 2001 dans les villes de plus
de 30.000 habitants, dont 125 étaient concernées par ce second tour.
L'opposition, qui a conservé dès le premier tour Lyon et qui est quasi assurée de l'emporter à Paris, espère conquérir d'autres grandes villes, notamment Strasbourg, et surtout Toulouse
et Marseille où les résultats s'annonçaient serrés.
La prise de ces villes-phares symboliserait la défaite de la droite dans un scrutin qui a pris valeur de premier test d'envergure nationale depuis l'élection de Nicolas Sarkozy il y a 10 mois,
et alors que la popularité du locataire de l'Elysée a connu une chute spectaculaire ces derniers mois.
Le président de la République a assuré qu'il entendait poursuivre les réformes quel que soit le résultat, mais a souligné qu'il "tiendrait naturellement compte" du message des scrutins.
Son entourage a fait savoir qu'il n'était pas question d'un remaniement en profondeur du gouvernement, hors quelques "ajustements" avec la création de quelques secrétariats d'Etat.
Au contraire, il s'agirait plutôt d'un changement de style du président, dont le comportement extraverti a contribué selon de nombreux analystes à la chute de popularité.
La gauche, elle, a appelé à confirmer et "amplifier" la "sanction du premier tour", selon l'expression de Ségolène Royal, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle.
D'autant qu'elle espère également un succès aux cantonales. Déjà à la tête de 51 départements sur cent, elle a pour objectif d'en ravir une dizaine d'autres.
Si le succès se confirme, les socialistes risquent de voir ouvertement relancée la course à la succession de François Hollande, alors que le PS se cherche un projet et que Ségolène
Royal, qui vise la présidentielle de 2012, ne cache plus ses ambitions pour la direction du parti.
Comme en écho à la dernière présidentielle, les socialistes se sont d'ailleurs écharpés entre les deux tours des municipales sur les alliances avec les centristes.
A l'UMP, la crainte d'une lourde défaite a également attisé les tensions.
Le secrétaire général Patrick Devedjian a été critiqué pour sa conduite de la campagne, sur fond d'ambitions pour la succession de Nicolas Sarkozy dans son ancien fief des
Hauts-de-Seine.
Le Modem, qui a préféré des alliances au coup par coup à un accord global avec la droite ou la gauche, pourrait quant à lui payer cher cette stratégie.
Son président François Bayrou risque d'en faire lui-même les frais à Pau, où son élection est loin d'être assurée.