Bretagne. 25 villes basculent
Ce deuxième tour promettait quelques surprises. On n’aura pas été déçu. Au total, 25 villes ont basculé. Si la gauche gagne Quimper, Ploërmel et Plérin, elle perd, en revanche, de nombreuses villes moyennes, principalement dans le Finistère, comme Morlaix et Concarneau.
Les résultats d’hier en Bretagne n’auront pas été vraiment tout à fait à l’unisson de ceux enregistrés au plan national. Si la gauche peut se prévaloir de quelques beaux succès, notamment à Quimper où Bernard Poignant est élu avec plus de 55 % des voix et à Brest où François Cuillandre est très facilement réélu, le bilan est nettement moins favorable pour elle dans les villes moyennes. Vague bleue dans le Finistère Ce constat est particulièrement marqué dans le Finistère. Dans ce département, la gauche essuie de nombreux revers, à l’exception notable de Carhaix. Après avoir perdu Douarnenez lors du premier tour elle a, hier, été nettement battue à Morlaix, Concarneau, Quimperlé, Landerneau et Châteaulin.
Ça fait beaucoup même si la plupart de ces défaites étaient inscrites dans les résultats du premier tour. Des défaites en tout cas sans appel dans des villes qui avaient pourtant largement voté pour le PS lors des derniers scrutins nationaux. À l’évidence, la gauche paie ses divisions et fait les frais de la concurrence de listes d’extrême gauche, comme à Quimperlé et Concarneau, ou écologistes, comme à Landerneau. Dans ces villes, la gauche est aussi, à l’évidence, victime de l’image dégradée de maires sortants en bout de course ou d’équipes insuffisamment renouvelées. Belle victoire à Saint-Brieuc Pour ne pas avoir eu le courage de prendre en compte cette dimension, elle a été sévèrement sanctionnée. Contexte national favorable ou pas à la gauche, certains de ses électeurs ont laissé de côté leur sensibilité. Et ce ne sont pas les « rabibochages » de dernière minute, comme à Morlaix, qui auront permis de renverser la vapeur. Au contraire. La droite, quand elle se présentait divisée, a, elle aussi, souvent subi la défaite. Comme à Plérin où elle laisse la mairie au PS après une guerre fratricide ou à Cesson-Sévigné. L’exemple le plus emblématique est celui de Ploërmel où Paul Anselin, réélu régulièrement depuis 1977, est battu par la socialiste Béatrice Le Marre. C’était, comme on dit, l’élection de trop pour ce dinosaure de la politique morbihannaise. Mais, hier, la droite préférait retenir, et à raison, outre ses beaux résultats dans le Finistère, sa victoire à Vannes où François Goulard (UMP) se trouvait en position plutôt délicate à l’issue du premier tour. La très nette reconduction de Bruno Joncour (MoDem) à Saint-Brieuc constitue également une belle satisfaction pour le centre droit. Quinze contre dix Qui de la gauche ou de la droite a finalement remporté ces municipales ? Difficile de répondre à cette question. Vingt-cinq villes de plus de 3.500 habitants au moins ont changé de camp. Un compte rapide indiquait, hier, que sur l’ensemble des deux tours en Bretagne, dix ont basculé de gauche à droite et quinze ont fait le chemin inverse. Un bilan donc plutôt mathématiquement favorable à la gauche. Mais politiquement, c’est une autre affaire. Il doit, en tout cas, être fortement nuancé avec la vague bleue qu’a connue le Finistère. Un département qui, hier, faisait figure d’exception dans le paysage politique régional et national.
Yvon Corre
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