Bretagne. Les chocs du second tour
Dans bon nombre de villes, rien n’est fait, tout se jouera dimanche prochain. Les fusions ou pas entre listes, les éventuels reports de voix et le choix des abstentionnistes du premier tour seront déterminants. Dans quinze villes au moins, le suspense est plus ou moins grand.
Si la gauche a globalement remporté le premier tour, tout est encore possible dimanche prochain : une amplification du mouvement ou au contraire un retour de balancier comme on en connaît parfois entre les deux tours d’une élection. Bien malin aujourd’hui qui pourrait désigner le vainqueur à Morlaix, Quimperlé, Saint-Brieuc et même Vannes. Dans ces villes, le suspense est très grand. Les listes écologistes, divers gauche et extrême gauche, qui ont souvent obtenu de bons résultats, joueront les arbitres. Soit elles se maintiennent, soit elles fusionnent, soit elles se retirent en donnant ou ne donnant pas de consignes de vote (lire par ailleurs pour certaines villes le détail des négociations). On comprend que dès dimanche soir, ces listes aient été très courtisées. Landerneau et Châteaulin à droite ? À Morlaix, où la gauche traditionnelle est en grande difficulté, c’est Michel Le Saint, le leader de la liste « gauche écologique et citoyenne » qui détient les clés du scrutin. À Quimperlé, c’est l’extrême gauche qui, avec plus de 15 % des voix, fera la différence, soit en faveur du maire sortant, le socialiste Daniel Le Bras, soit au bénéfice du candidat sans étiquette Alain Pennec. Morlaix et Quimperlé, pourtant deux villes très ancrées à gauche, peuvent incontestablement, dimanche, basculer à droite. L’incertitude, même si elle est moins forte, plane également à Concarneau où la droite est arrivée en tête, de très peu. Mais l’accord acté, hier soir, entre le PS et les Verts devrait permettre à la gauche de conserver finalement la mairie. Les espoirs de conquête de la droite se porteront surtout sur Landerneau et Châteaulin. À Landerneau, le socialiste Jean-Pierre Thomin, devancé de près de quatre points par le divers droite Patrick Leclerc, le neveu d’Edouard Leclerc, aura beaucoup de mal à conserver la ville. Une fusion avec l’écologiste Christophe Winckler (14,55 % des voix) l’aurait peut-être permis mais ce n’était pas hier la plus probable des issues. À Châteaulin, il faudrait un miracle pour que Yolande Boyer retrouve son fauteuil. La socialiste ne semble plus avoir aucune réserve de voix. Suspense à Vannes Pour compenser ces éventuelles pertes, la gauche misera sur Quimper, Guipavas, Saint-Brieuc et Plérin. Dans ces villes, elle semble bien placée pour l’emporter même si à Saint-Brieuc, le maire sortant (MoDem) a encore de bonnes cartes en main d’autant qu’une fusion entre la gauche et l’extrême gauche semblait écartée. Dimanche, les bonnes surprises pour la gauche pourraient venir de Ploërmel et même de Vannes où François Goulard, le maire UMP, est en ballottage délicat. L’ancien ministre de Villepin paie-t-il ses positions un brin iconoclastes ? Possible. La gauche, dont les deux listes ont fusionné vite fait bien fait, n’a en tout cas jamais été en position aussi favorable. Vannes à gauche, ça serait un sacré coup de tonnerre dans le paysage politique breton.
Yvon Corre
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