Elues. Des femmes loin des dogmes
Leurs sourires ont illuminé les soirées électorales. À Morlaix, Châteaulin, Guingamp ou encore Ploërmel, les femmes ont raflé plusieurs mairies bretonnes. Explications.
Hier, à 12 h 30, elle a appris de son proviseur qu’elle venait de faire sa dernière heure de cours. Avant de partir, elle a eu ces quelques mots pour ses élèves : « S’il y a une leçon à retenir, c’est que lorsque l’on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir ». Professeur d’anglais à Mauron (56), la socialiste Béatrice Le Marre va se consacrer dès aujourd’hui à la mairie de Ploërmel qu’elle a ravie à l’imposant Paul Anselin qui en avait les clés depuis 31 ans. Sa position de femme, elle n’a jamais voulu en faire un argument. « Je ne me suis jamais positionnée en tant que telle dans mes combats. Pour moi, c’est avant tout une question de personnalité ». Une personnalité qu’elle a voulue à l’écoute des autres, « ce qui est peut-être, si on va sur ce terrain, une qualité féminine.
.. » Depuis son élection, quelques journalistes lui ont posé la question qui fâche : « Comment concilier vie familiale et vie politique ? » Sa réponse a fusé : « Vous n’auriez jamais posé cette question à un homme ». Fermez le ban. « Les femmes savent se démultiplier » À Morlaix, la divers droite Agnès Le Brun a gagné la mairie avec le même esprit. « C’est l’approche des individus qui est différente », explique-t-elle. « Mais les femmes ont sans doute une certaine persévérance dans leur caractère. Elles ont l’habitude de mener plusieurs chantiers en même temps ». Pour Béatrice Le Marre, « la société a évolué, elle a confiance dans ses femmes et les électeurs désormais aussi ». Même approche de Gaëlle Nicolas, avocate et future maire de Châteaulin, qui expliquait au lendemain du premier tour, « que les femmes donnent confiance parce qu’on sait qu’elles vont jusqu’au bout et qu’elles peuvent se démultiplier pour mener de front leurs vies personnelle, familiale, professionnelle et politique... » « Pas inféodée » et « loin des servitudes de partis » Caractéristiques aussi de cette nouvelle génération d’élues qui prend les rênes de plusieurs villes moyennes : le pragmatisme. Elles veulent être dans la réussite de l’action, avant d’être des femmes de parti. Pour Agnès Le Brun, « c’est une nouvelle génération d’élus qui arrivent, loin des dogmes. Je pense que c’est la politique de demain ». Une approche moins binaire qui ne signifie pas, selon elle, « avoir une politique de girouette, ni une idéologie opportuniste. Non. C’est juste s’inscrire dans une ligne de pensée loin des servitudes de partis ». À la tête d’une liste de rassemblement de diverses sensibilités politiques, Béatrice Le Marre, encartée au Parti socialiste, revendique elle aussi cette liberté qui résume bien l’état d’esprit de ces nouveaux élus qui ont émergé sur la scène politique bretonne lors de ces municipales. « Je ne me sens pas inféodée à un parti. Le PS, c’est ma famille de cœur. Mais justement, comme dans ma famille, je dis ce que j’ai à dire. Je suis avant tout une femme libre ».
Gaël Le Saout
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Point commun entre Agnès Le Brun, Béatrice Le Marre et Gaëlle Nicolas : le pragmatisme. Elles veulent être dans la réussite de l’action, avant d’être des femmes de parti.
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