Bretagne. Parité et disparités
Davantage de conseillères municipales qu’auparavant, mais pas partout, et un gros effort à accomplir dans les communautés de communes : telles sont les premières conclusions de Rien Sans Elles au sortir des municipales.
Sentinelles de la parité hommes-femmes en politique, les militantes de l’association Rien Sans Elles observent que ces municipales 2008 marquent une nouvelle progression du nombre d’élues dans les conseils municipaux du Finistère. Leur nombre (1) serait de l’ordre de 2.150 sur 5.311. « Selon nos calculs, explique la sociologue Nicole Roux, on y compte désormais 40,6 % de femmes, contre 37 % à l’issue des municipales de 2001. La progression concerne les communes de moins de 3.500 habitants - où le pourcentage est passé de 33 % à 37,7 % - puisque les listes en lice dans les villes de plus de 3.
500 habitants avaient l’obligation d’être paritaires ». Globalement, plus la population se rapproche de la barre des 3.500, plus la proportion d’élues augmente, surtout à proximité des agglomérations importantes. Bons et mauvais points Bon point à six communes qui ont appliqué la parité alors qu’elles n’y étaient pas contraintes : La Forêt-Fouesnant, Le Guilvinec, Loperhet, Melgven, Milizac, Plomeur et Saint-Evarzec. « À l’inverse, révèle Annette Vazel, le conseil de Tréguennec est entièrement masculin et ceux de Batz et de Laz n’ont qu’une femme ». Que des femmes soient placées ou non en têtes de listes a des conséquences au final, surtout dans le cas de triangulaires : Pont-Aven ou Rosporden se retrouvent ainsi sous la barre des 50 %, contrairement à Scaër et Saint-Martin-des-Champs. « Au total, comme en 2001, le nombre d’élues a encore progressé de 4 % », constate Nicole Roux qui remarque aussi que, dans les communes de moins de 3.500 habitants, « le nom des sortantes n’a pas davantage été barré que celui des hommes ». L’enjeu intercommunal Rien Sans Elles a décidé d’accentuer ses prochains efforts sur les communautés de communes. « Il est temps que les conseils communautaires, qui seront élus prochainement, reflètent davantage les conseils municipaux, estime Annette Vazel. Sur ce point, le Finistère n’est pas exemplaire. Pire : pour l’instant, seuls 5 % des postes de vice-présidents y sont occupés par des femmes ». L’explication ? Beaucoup de maires de petites communes, qui sont souvent des hommes, verraient dans l’échelon intercommunal l’occasion d’exercer un pouvoir plus étendu et de toucher des indemnités plus élevées que celles de leur mandat municipal. Rien Sans Elles (2) invite les présidents des communautés de communes à parapher la charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale et à créer une vice-présidence à l’égalité hommes-femmes, à l’image de la communauté urbaine de Brest, dès avril. 1. L’enquête a été réalisée à partir des résultats parus dans les journaux de ces derniers jours. Le caractère mixte de certains prénoms (Claude, Dominique...) n’a pas permis d’aboutir à un chiffre précis. 2. Blog : parite29
Patrice Le Berre
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Au premier plan, Annette Vazel et Nicole Roux, sentinelles de la parité hommes-femmes en politique.
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