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Villes moyennes. Le PS breton perd du terrain
Alors qu’il a renforcé son implantation dans les grandes villes et les communes périurbaines, le PS a, dans le même temps, perdu dimanche dernier un certain nombre de villes moyennes qu’il contrôlait depuis souvent longtemps. Des pertes que peut expliquer leur situation socio-économique.
Mine de rien, le paysage politique municipal breton a subi dimanche des modifications qui n’ont rien d’anodines et qui pourraient en annoncer d’autres. Si le Parti socialiste progresse dans les grandes agglomérations et les villes de leur couronne, il a, en revanche, perdu du terrain dans les villes moyennes centres où son influence était jusqu’à présent grande. Absence de stratégie Comment expliquer les pertes de Morlaix, Quimperlé, Landerneau, Concarneau et Châteaulin ? On pourrait mettre en avant l’image des personnalités qui conduisaient les listes de gauche. Cette image a été mise en cause, notamment à Morlaix et à Quimperlé mais elle n’explique sûrement pas tout. Un scrutin se gagne ou se perd souvent sur la qualité d’une campagne et il faut bien admettre que celles menées par les listes de droite ont été souvent bien meilleures ou, en tout cas, plus pugnaces.
L’absence d’une véritable stratégie aura été, par ailleurs, souvent fatale. Les fusions non préparées à l’avance et bâclées en quelques heures de discussions ne pouvaient pas vraiment fonctionner. Fermeture des services publics Mais au-delà de ces explications purement tactiques, il y a sûrement intérêt à aller voir plus loin. À commencer par les évolutions sociologiques de ces villes qui ne sont sans doute pas neutres. Plus de personnes âgées, moins de jeunes et des jeunes qui migrent vers la périphérie, cela n’est pas forcément favorable à la gauche. « Mais c’est une hypothèse parmi d’autres », observe Jacques Baguenard, professeur de sciences politiques à l’Université de Bretagne occidentale. Toutes ces villes ont, par ailleurs, en commun d’être à des degrés divers dans des situations sociales et économiques délicates, voire difficiles. Voilà des villes qui ont été au centre de quelque chose et qui aujourd’hui ne savent plus très bien où elles se trouvent, ni quel est leur avenir. Confrontées à la désindustrialisation, comme à Quimperlé, ou à la crise de la pêche, comme à Concarneau, elles doivent dans le même temps faire face à la perte de leurs services publics. De ce côté-là, elles n’ont pas été épargnées ces dernières années. C’est dans ces villes qu’ont été fermés les hôpitaux, les agences de la DDE, celles d’EDF et bien d’autres services. Et aujourd’hui, ce sont les tribunaux que l’on supprime. De quoi alimenter un fort sentiment d’abandon de leurs populations. La division au bout du compte Secrétaire de la Fédération du PS, Jean-Jacques Urvoas partage cette analyse : « Les populations de ces villes se sentent démunies et agressées. La métropolisation qui a renforcé les cités urbaines génère des éléments de comparaison et au bout du compte, un sentiment d’inquiétude ». Politiquement, cette situation économique s’est traduite d’une manière assez claire. Avec un vote important en faveur des listes d’extrême gauche ou de la gauche alternative et, au bout du compte, une division de la gauche. Et les résultats que l’on connaît.
Yvon Corre
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