Dinan. René Benoît défend son bilan
Municipales 2008. À Dinan, René Benoît, UMP, brigue un cinquième mandat. Bertrand Élise, qui mène la liste d’opposition, estime que le bail a trop duré.
René Benoît, 71 ans, aborde très serein sa cinquième campagne municipale à Dinan. « Je suis en excellente santé et la passion m’anime toujours », explique-t-il sur sa profession de foi où on le voit poser, décontracté, le pull de sport sur les épaules. Son bilan l’incite à l’optimisme. « Il ne doit pas être si mauvais que cela puisque nos adversaires n’en parlent pas », dit-il avec un rien d’ironie. La reconversion de l’ancien hôpital a été achevée, on y trouve maintenant une médiathèque, une école de musique, un centre de conférence. L’ensemble a coûté 23 millions d’euros, « dont 40 % obtenus de l’Europe », souligne le maire sortant. Le pôle « petite enfance » est également sorti de terre. Le projet de nouveau quartier au cœur de la ville est bien parti. Sur les 14 ha libérés par les casernes, des appartements, une cité administrative, un institut des métiers de l’audiovisuel sont annoncés. « Une ouverture sincère et prometteuse » Sur le plan politique, l’ouverture qu’il a réussie « presque naturellement » est aussi une satisfaction. « Elle est sincère et prometteuse », estime René Benoît. Didier Lechien (MoDem) sera son premier adjoint si la liste est élue. « Il trouvera à ce poste les conditions nécessaires pour affirmer sa personnalité », assure le maire, signant là la paix avec celui qui, en 2001, l’avait défié et redevient aujourd’hui son possible dauphin. Éric Fest, co-listier du socialiste Didier Morel, lors du précédent scrutin, symbolise l’ouverture vers la gauche. « 43 ans, c’est trop » « Union artificielle de gens qui se détestent », clame haut et fort l’équipe « Dinan, ensemble et autrement », que mène Bertrand Élise, 51 ans, proviseur de lycée à Rennes. S’il ne veut pas polémiquer sur l’âge du capitaine, le porte-parole de la liste, Michel Godin, estime toutefois « que 43 ans de mandat, dont 25 en tant que maire, c’est trop ! » « L’atout Gaubert » Autre flèche décochée au sortant, « son manque d’activité dans le domaine économique », et pour le contrer sur ce terrain, Bertrand Élise estime « disposer d’un atout considérable » avec la présence sur sa liste du député Jean Gaubert, vice-président de la commission économie à l’Assemblée. Il n’y figure qu’en 11 e position, mais est déjà annoncé, en cas de victoire comme le prochain président de la Codi, la communauté de communes du Pays de Dinan. « Il faudra toutefois en discuter entre nous », prévient René Régnault, le maire de Saint-Samson-sur-Rance. Jusqu’alors, c’était lui le leader de la gauche dans le Pays de Dinan.
Patrick Le Nen
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