Paimpol. La gauche peut-elle gagner ?
Aux manettes depuis 1961, la gauche a perdu la mairie en 2001. Alors que le scrutin municipal passionne, pas moins de cinq listes sont concurrentes. Ce qui s’annonce chaud et pas seulement au premier tour.
Deuxième tour de 2001, Jacques Saleun, général de l’armée à la retraite, inconnu en politique, chipe la mairie à une gauche divisée, à l’origine d’une triangulaire qui lui sera fatale. Rallié à l’UMP, il fera même un peu d’ombre à Alain Gouriou aux législatives, un peu plus tard. Mais la vie décidera autrement de l’avenir. En octobre 2004, M. Saleun décède subitement et est remplacé par son premier adjoint, Jean-Paul Pochard. Manque de leader à droite Ce dernier ne repart pas. Deux de ses colistiers, faute d’un leader charismatique les rassemblant, mèneront chacun une liste. Gérard Daudon s’affirme clairement de droite, a le soutien de l’UMP et a, à ses côtés, l’essentiel de la droite gaulliste, dans laquelle se retrouvent beaucoup de vieilles familles de la ville. Thierry Duchesne, lui aussi à droite, affirme pour autant proposer une équipe ouverte, « avec des gens du PS et des Verts ». À gauche, la tête de file est bien là, avec Loïc Huchet du Guermeur, Paimpolais d’origine bientôt à la retraite, géographe responsable de l’urbanisation nouvelle de Nantes. Mais l’unité, tant prisée, a un peu tremblé avec le départ des communistes de la table des négociations. Ces derniers essaient de monter une équipe avec un collectif dit « citoyen », à gauche de la gauche. Le centre sera représenté par Jean-Yves de Chaisemartin. 30 ans, chef d’entreprise, ancien président national des jeunes de l’UDF. Il était présent sur la scène politique aux dernières législatives et s’en était sorti avec un score de 16,2 % dans sa ville. Aujourd’hui, il a pris ses distances avec le MoDem et entend conduire une équipe, « loin des clivages d’appareil ». Cinq listes donc. Pour un peu moins de 9.000 habitants. Et pour quels enjeux ? L’image de carte postale La ville est attractive, comme toutes les cités bordées par la mer mais le défi de la prochaine mandature sera de ne pas se reposer sur cette image de carte postale. La façade maritime est toujours à développer, que ce soit du côté des professionnels comme des plaisanciers. La ville ne doit pas devenir un havre de tranquillité pour nouveaux retraités au portefeuille bien garni, même si cette population est source d’emplois dans le domaine très large des services. Aucune grosse entreprise ne viendra s’installer à Paimpol. Les nouveaux élus vont donc avoir une autre carte économique à jouer pour développer l’emploi et financer leurs projets. Petites et moyennes entreprises, sociétés à forte valeur ajoutée peuvent, en revanche, trouver toute leur place ici. Vivre et travailler au pays pourrait bien être un autre défi à relever. À cause de la pression foncière, rares sont les jeunes qui arrivent à s’installer dans la ville qui les fait travailler. Ils sont souvent obligés de « s’expatrier » à plus de vingt kilomètres, leurs impôts les suivant.
Armelle Menguy
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Le défi de la prochaine mandature sera de ne pas se reposer sur l’image de carte postale dont bénéficie la ville.
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