Femme et élue. Le parcours du combattant ?
Faire de la politique nécessite du courage, du caractère et une forte conviction. Un constat d’autant plus vrai quand on est une femme. « Jeune femme, j’ai dû batailler pour qu’on me fasse confiance », se rappelle Annick Guillou-Moinard, conseillère générale et régionale.
Samedi après-midi, l’Action catholique générale féminine avait organisé un débat, à Vannes, sur le thème « Conseillère municipale, et pourquoi pas moi ? ». Pas question ici de brasser des grandes idées : on était là pour parler concret, mettre en avant les satisfactions mais aussi les difficultés de l’engagement féminin en politique. « Dans la gestion de la cité, les femmes ont un sens pratique et sont proches de leurs concitoyens », constatait Jeannine Desfossez, conseillère municipale à Plescop. L’occasion d’enchaîner sur la parité. « J’ai visité l’assemblée galloise où la parité avait été imposée, pour un scrutin. Lors du scrutin suivant, ce ne fut plus le cas mais il y eut autant de femmes élues que d’hommes », observait Béatrice Le Marre, conseillère générale, en y voyant là une preuve incontestable de leur efficacité. Et nos élues de souligner, avec humour, qu’en leur présence, les horaires des réunions sont davantage respectés. Mère et élue ? Etre mère et élue, n’est-ce pas incompatible ? « Il faut simplement être bien organisée, ce qui peut appeler une réorganisation du foyer », affirmait Béatrice Le Marre, maman de deux jeunes enfants. Pour Marie-Thérèse Guidoux, adjointe au maire à Questembert : « C’est sûr, au départ, il faut vouloir. Car des difficultés, il y en a ». Notamment, le sentiment de devoir argumenter davantage pour défendre ses idées. Ou encore l’impression d’avoir été choisie pour simplement respecter la parité. Dur aussi d’occuper un poste typiquement masculin, comme adjointe aux travaux ou à la voirie. Au conseil général : 5 sur 42... Beaucoup de clichés, d’idées reçues, que les chiffres confirment : « Dans le Morbihan, sur 42 conseillers généraux, nous ne sommes que cinq femmes », regrettait Annick Guillou-Moinard. « Au conseil régional, la loi impose la parité mais elle s’inscrit souvent au sein du binôme. Beaucoup de femmes sont suppléantes », poursuivait-elle. Une expérience également vécue par Josiane Boyce, actuelle maire du Hézo : « En tant que suppléante, j’ai eu la chance de siéger à l’Assemblée nationale, quand François Goulard a été nommé ministre ». Une assemblée où il n’y avait que 12 % de femmes lors de la précédente législature, mais 18,5 % depuis les dernières législatives de juin. Et l’avenir alors ? « La société a tout à gagner à ce que ses forces vives agissent, que ce soient des hommes ou des femmes », concluaient les élues.
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Plusieurs élues avaient pris part au débat dont, Monique Danion, maire de La Vraie-Croix et conseillère régionale, Jeannine Desfossez, conseillère municipale à Plescop, Nathalie Duigou, conseillère municipale à Kergrist, Annick Guillou-Moinard, conseillère générale Vannes-centre et conseillère régionale, Marie-Thérèse Guidoux, adjointe au maire à Questembert. (Photo Lenaëlle Simon)
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