Bertrand Delanoë voit la vie en rose
Après un premier septennat socialiste, Paris donne la majorité absolue à la liste Delanoë, et celui-ci est désormais parti à la conquête du Parti socialiste.
Emporté par la foule, qui l’a triomphalement réélu, le môme Delanoë se prend à rêver. Il a gagné au grattage avec 41,6 % des voix au premier tour, et au tirage avec 57 % au final. Il cherche maintenant à gagner le loto de la rue de Solférino, et à prendre la tête du PS. Démarqué de Ségolène Royal Assuré après le premier tour de gagner seul, il a pu se permettre de refuser l’alliance rose-vert-orange. Et s’est ainsi démarqué de celle qui a été la première à tendre la main aux électeurs de François Bayrou, Ségolène Royal, sa grande rivale pour prendre la direction du Parti socialiste en novembre prochain.
« Ce parti est ce qu’il est, les congrès se gagnent à gauche », confirme le sénateur PS Roger Madec, originaire de Pleyber-Christ (29) et élu maire du XIX e dès le premier tour. Bertrand Delanoë joue avec un coup d’avance, c’est ainsi qu’il faut comprendre le slogan socialiste choisi pour les municipales « Paris, un temps d’avance ». Une stratégie en deux temps utilisée par Nicolas Sarkozy : toute campagne présidentielle gagnante passe par le contrôle du parti. Réélu jusqu’en 2014, le maire de Paris a promis d’aller « jusqu’au bout de son mandat », tout en jurant « ne rien demander, ni ne rien refuser ». Sous entendu, si les militants lui demandent en 2012 d’être leur candidat à la présidentielle, il ira. Il s’y prépare même. Courageusement, il a révélé son homosexualité dès novembre 1998, au cours d’un Zone interdite sur M6. Et cela ne lui a pas barré la route de l’Hôtel de ville trois ans plus tard. Alors, pourquoi pas l’Élysée ? Animal politique, doué d’intuition et d’un sens aigu des rapports de force, animateur d’équipe qui arrive à séduire bien au-delà de son courant jospinien, Delanoë est tout cela à la fois. « Un grand communicateur » « C’est un grand communicateur, il sait trouver les mots qu’il faut, même s’il peut être dur et cassant dans les rapports humains », confie le Breton Roger Madec. Réaliste, Delanoë a resigné avec JC Decaux, symbole de la Chiraquie, et fait financer par l’afficheur Paris Plages et Velib'. Depuis la candidature ratée de Paris aux jeux Olympiques de 2012, il a gardé d’excellents contacts avec Arnaud Lagardère. Il est également proche de Guillaume Pépy, le nouveau président de la SNCF. Ami des patrons, intime des people, il réunit tous les ingrédients d’une candidature nationale d’envergure. Sans oublier la dimension internationale, il voit régulièrement Klaus Wowereit, le maire de Berlin, Walter Veltroni, celui de Rome, « ville de gauche », rappelle-t-il, et Ken Livingstone, maire de Londres depuis 2000. Bertrand Delanoë, né il y a 57 ans à Bizerte, en Tunisie, est ainsi devenu un véritable Européen, mais il n’est pas sûr que cela soit suffisant pour qu’il puisse dormir un jour à l’Élysée.
Thierry Dussard
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En refusant l’alliance avec le MoDem, Bertrand Delanoë s’est démarqué de sa grande rivale, Ségolène Royal. Elu, le maire de Paris peut désormais partir à la conquête du Parti socialiste.
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